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 Les aboiements

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MessageSujet: Les aboiements   Mer 16 Sep - 14:51

Les aboiements






Comprendre les raisons des aboiements

La SPA accueille régulièrement des chiens abandonnés parce qu’ils aboient de manière exagérée aux dires de leurs maîtres. Nous avons demandé à une spécialiste du comportement canin de nous donner quelques éléments de compréhension.

Avant d’accabler le chien, voyons auprès des humains qui l’entourent quelle est leur responsabilité dans l’intensité et la fréquence des aboiements.


Pourquoi les chiens aboient-ils ?

L’aboiement est un mode de communication qui sert à transmettre des informations, exprimer des émotions, avertir d’un danger, menacer, mais aussi exulter de joie, montrer son excitation, inviter son maître ou un congénère à s’amuser.

Citons les causes les plus fréquentes : l’isolement ou l’ennui (c’est le cas du chien laissé tout seul et sans distraction, par exemple dans le jardin quand vous n’y êtes pas), la frustration (le chien qui veut vous rejoindre mais ne le peut pas par exemple quand il reste dans la voiture), la demande d’attention (vous faites quelque chose et il aimerait que vous vous occupiez de lui), la protection de son territoire ou son rôle de gardien (à l’arrivée d’un visiteur, au passage d’un piéton devant sa clôture, lors d’un croisement avec un passant durant la promenade alors qu’il est tenu en laisse et qu’il veut vous protéger..), le jeu et l’excitation (il vous invite à venir avec lui ou il s’amuse tout seul avec sa balle), la peur (il a besoin d’aboyer pour signaler son mal être et sa volonté de voir la situation cesser), l’anxiété de séparation (il ne supporte pas la solitude quand vous vous absentez).

Il n’est pas toujours aisé d’interpréter les aboiements lorsque l’on n’est pas familier de la psychologie canine. Voici quelques éléments que vous rencontrez peut-être occasionnellement :

- Si le chien remue la queue et sautille en même temps, s’il fait passer son poids d’une patte à l’autre, s’il bondit, s’il a le postérieur en l’air, c’est un appel au jeu. Il vous invite, vous son maître ou un congénère, à venir partager un moment de plaisir avec lui.

- Si le chien est derrière la grille de son jardin et qu’il aboie au moindre passage dans la rue, il avertit les passants que la maison est gardée et qu’il n’est pas sans risque de pénétrer sur le territoire. Nous ne pouvons pas reprocher cela à notre chien puisque c’est justement ce que nous lui demandons : nous protéger et nous alerter. Malheureusement nous manquons un peu de cohérence : nous voulons que le chien aboie un peu, mais pas trop. D’accord pour qu’il aboie le jour, mais pas la nuit. Sauf bien sur si c’est un voleur. Comment peut-il s’en sortir dans tant de situations de double contrainte ?

- Lorsque l’on sonne à la porte, il met vos tympans à rude épreuve ? Sachez que dans cette situation aussi, il se comporte en protecteur. C’est sa manière à lui de prévenir le nouveau venu que le territoire est gardé, et bien gardé. Là encore nous avons tendance à aboyer (nous aussi) au chien de se taire, alors que dans la même situation qui se reproduirait à un moment où nous n’attendons personne, ou la nuit, nous serions bien contents qu’il fasse savoir à un éventuel intrus qu’il est là et veille sur nous.

- Il se positionne devant un meuble et aboie en vous jetant des regards désespérés ? peut-être sa balle est-elle tombée derrière le buffet. Il cherche à vous faire réagir...

- Il s’assied devant sa gamelle et vocalise ? Vous vous doutez qu’il attend son repas

- Il joue avec d’autres chiens ? vous entendez probablement des grognements et des aboiements, tout à fait normaux. Il s’agit d’un rituel de communication sociale naturel. Ecoutez les enfants dans une cour d’école à la récréation, vous constaterez que les humains aussi font du bruit lorsqu’ils s’amusent...

- La peur est un élément sous-estimé. Prenons l’exemple des petits chiens : on les accuse parfois d’être hargneux. Le sont-ils par nature, ou est-ce la peur de toutes ces choses gigantesques qui font leur environnement et contre lesquelles ils ne peuvent rien ? Mettons nous à la place d’un petit gabarit de 5 kilos : tout dans son monde est plus grand que lui, les humains, les congénères, les chats, et même les objets inanimés comme les meubles ! Ne serions nous pas nous-même sur nos gardes si nous étions à sa place ?

- une des principales causes des aboiements intempestifs et une cause majeure d’abandons : la place que le maître attribue à son animal. Certains chiens sont couvés à l’excès en présence des propriétaires, mais, lorsque ceux-ci partent au travail ou faire des courses, ils se retrouvent seuls plusieurs heures.
Ils ne comprennent pas pourquoi on les abandonne de la sorte alors qu’ils sont objets de toutes les attentions en temps normal. Avouez qu’il y a de quoi paniquer et passer son temps à hurler.
Les voisins réagissent à juste titre (difficile de vivre avec un animal qui s’égosille à côté de vous), le chien est de plus en plus enfermé ou isolé lorsqu’il est seul mais continue à être papouillé un maximum en présence de ses propriétaires.. et termine à la SPA, accusé d’être ingrat (puisqu’on a tant fait pour lui) si les maîtres n’ont pas changé leur comportement en vue de lui apprendre la solitude, un minimum d’autonomie et d’indépendance.

- les animaux qui sont laissés à l’extérieur de la maison en permanence, qui passent des heures à aboyer après les passants qui s’aventurent devant la clôture. Désoeuvrés, sans occupation ni interaction leur permettant de passer le temps, ils s’occupent comme ils peuvent. Comment leur en vouloir ?


Quand peut-on parler d’aboiements excessifs ?

Il faut faire la différence entre ce qui dérange le maître ou le voisinage, ce qui est gênant, et ce qui est normal. Je m’explique : il est évident pour un chien d’aboyer lorsque l’on sonne à la porte, mais cela peut gêner le maître. C’est pourtant naturel pour lui de prévenir d’une arrivée, d’autant plus qu’un signal prédécesseur vient d’être émis (la sonnette). Ce qui agace le propriétaire n’est donc pas forcément le résultat d’un excès de la part du chien. De même, un chien qui aboie durant des heures quand ses maîtres sont absents ou quand son regard aperçoit quelque chose au loin, peut être perçu comme étant un comportement excessif. Pourtant il ne fait qu’exprimer un mal être (lié par exemple à l’ennui, à l’anxiété ou à la solitude), un comportement hyper protecteur, un danger, une peur, un élément qu’il n’a pas encore identifié… ou une autre émotion.


Y-a-t-il des profils type de chiens plus aboyeurs que d’autres ?

Certains chiens sont réputés peu aboyeurs quand d’autres s’époumonent à longueur de journée au désespoir des voisins. On trouvera au sein d’une même race ou d’un type des individus plus calmes que d’autres, ce qui complique la tâche de généralisation de ce trait de caractère. Il est tout de même constaté que les types terriers (jack russel, westie et consorts) sont plus aboyeurs que d’autres individus, de même que les teckels et certains chiens de chasse. Cela peut être très stressant pour les maîtres qui ne se renseignent pas assez au préalable et pensent que, à cause de leur petit gabarit ce sont de bons chiens de compagnie. Et ils se retrouvent avec des chiens nerveux et aboyeurs… ils parlent alors d’aboiements intempestifs alors que c’est l’homme qui les a créé pour cela. Parmi les chiens croisés aussi il y a de grands bavards, des geigneurs, des aboyeurs, des hurleurs, des râleurs. L’aboiement n’est pas réservé aux racés.

L’aboiement commence à apparaître en moyenne entre le quatrième et le sixième mois du chiot. Si le propriétaire ne réagit pas immédiatement, s’il laisse faire ou s’il encourage les aboiements, il court le risque que lorsqu’il aura grandi, le chien jappe à la première occasion, avec excès et qu’il ait du mal à se contrôler. Un exemple : le chiot qui aboie à l’arrivée d’un visiteur est encouragé, stimulé par des formules excitantes (du style « qui c’est ? » « tu entends ? »).

Il apprend ainsi que pour faire plaisir à ses maîtres, il faut aboyer. Il va donc reproduire sans cesse cette habitude (on parle de conditionnement ou d’instrumentalisation) au fil du temps car il a bien vu qu’elle amusait ses maîtres. Il ne peut pas comprendre par la suite qu’on le punisse pour quelque chose qu’on a encouragé au préalable. On voit bien ici le rôle important du propriétaire dès la plus tendre enfance de son chien.


Si l’on est confronté à la situation d’un chien qui aboie beaucoup, quelles sont les méthodes pour réduire ou supprimer le problème ?

Il faut d’abord chercher les causes, et agir si c’est possible. Faites une liste des situations qui le font aboyer (quand, comment, combien de temps, où, avec qui) et observez-là objectivement. Pensez aux raisons les plus fréquentes évoquées ci-dessus.
Ses aboiements sont-ils compréhensibles, y trouvez-vous une explication au regard des informations données dans cet article ?

- Il n’est pas logique de punir un chien qui aboie contre les promeneurs qui passent devant votre maison, car c’est son travail de gardien. Il le fait spontanément. Si cela vous gêne, il faudrait mettre une clôture qui occulte la vue du chien ou ne pas le laisser dehors sans surveillance.

- Si le chien aboie car il ne supporte pas la solitude, il faut faire une thérapie comportementale avec un comportementaliste pour l’aider à accepter cette séparation d’avec vous. Cette thérapie consistera à apprendre au chien le détachement. Rappelons que trop de caresses maintiennent le chien dans un état infantile et dépendant qui risque de se retourner contre vous ! Il faudra l’amener à un peu d’autonomie et de distance afin de lui faire accepter vos entrées et vos sorties comme des éléments tout à fait normaux et banals, qui ne nécessitent pas de perdre son calme.

- S’il aboie envers les autres chiens, peut-être a-t-il peur ? Il faudrait alors participer à des séances de socialisation et de sociabilisation (l’aider à s’intégrer dans un groupe, et à se comporter correctement dans ce groupe).

- Si le chien est encore jeune mais déjà plus un tout jeune chiot, on peut tenter de ne pas réagir lorsqu’il aboie (il veut obtenir votre attention) en se basant sur la loi de l’extinction : un comportement qui n’apporte aucun bénéfice arrive de lui-même à extinction. S’il vient se positionner devant vous alors que vous êtes occupé et se met à japper, faites comme s’il n’était pas là, ne le regardez pas, ne lui parlez pas. Il va dans un premier temps accentuer son comportement, puis, s’apercevant qu’il n’obtient pas de réponse (alors que c’était son objectif en venant aboyer à votre oreille), il renoncera et s’éloignera. C’est alors que vous le rappelez et le félicitez. Il comprendra ainsi au bout de quelques répétitions que lorsqu’il s’énerve, il n’obtient aucune réaction de votre part, et lorsqu’il est calme près de vous, il est encouragé.

Avant de classifier un aboiement comme excessif (ce qui revient à dire « inutile » puisque ce qui est excessif est sans intérêt), il faut en chercher les causes pour éduquer ou corriger si nécessaire uniquement.

Idéalement il aurait fallu éduquer le chien jeune, en lui faisant connaître différentes situations qu’il ne craindra pas ou au moins auxquelles il sera familiarisé. Malheureusement les chiens qui arrivent à la SPA ne sont pas toujours jeunes et ils ont souvent dépassé l’âge des premières expériences.


Que conseilleriez-vous comme accessoire ou traitement ?

Je ne conseille pas d’accessoire car je ne vois pas l’utilité d’électrocuter un chien qui a un comportement normal (aboyer) avec un collier anti-aboiements. C’’est cruel, brutal, à la limite de la maltraitance… et souvent le chien paie les erreurs de ses maîtres, qui n’ont pas cherché à connaître les caractéristiques de sa race, ne l’ont pas éduqué, n’ont pas su agir au moment de l’apparition de ces problèmes ou tout simplement n’ont pas été conseillés correctement.

Ainsi, comme « traitement », si l’on peut parler ainsi, je propose de comprendre ou au moins de chercher à comprendre, car le chien communique et nous pouvons faire l’effort de l’entendre...

Ceux qui n’y arrivent pas seuls peuvent se faire aider à résoudre le problème des aboiements de leur chien ou d’un chien du voisinage par un comportementaliste qui leur expliquera comment mener une thérapie comportementale (si le comportement du chien relève d’une action de ce type).
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