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 La bac planté

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Date d'inscription : 13/08/2009

MessageSujet: La bac planté   Ven 13 Nov - 16:05

Les plantes apportent énormément à l'équilibre de l'aquarium et sont plus esthétiques que les plantes artificielles. Ce guide en 5 parties a pour objectif de vous guider à travers les différentes étapes permettant d'obtenir durablement des plantes saines et vigoureuses.


Le premier avantage d'un aquarium planté est - paradoxalement peut-être - de réduire la maintenance. Les plantes absorbent une partie des nitrates et des phosphates constamment produits dans l'aquarium et limitent la propagation des algues. Sans plantes, ce sont seules les algues qui profitent de ces nutriments. Certaines plantes disposent même d'un arsenal supplémentaire : en effet, elles relâchent des composés chimiques qui ont ont comme effet de lutter contre la prolifération des algues.

En outre, même si l'on ne saurait en aucun cas se passer d'une bonne filtration, les plantes ont la capacité d'utiliser directement une partie de l'ammoniaque (l'ammonium surtout), ainsi que divers polluants (métaux lourds : plomb, zinc) présents dans l'eau du robinet en petites quantités.

Un autre avantage est que les racines des plantes oxygènent le substrat dans lequel elles sont plantées : cela évite la formation puis la remontée dans l'aquarium de gaz toxiques qui se forment souvent en milieu anaérobie (= sans oxygène).

Enfin, citons le rôle d'oxygénation des plantes pendant le jour, leur rôle dans la stabilisation des paramètres de l'eau et enfin le réconfort et le refuge qu'elles procurent aux poissons, en particulier pour les espèces les plus timides.

Pour réussir un aquarium planté, il faudra considérer les paramètres suivants :

Le sol nutritif : les vraies plantes aquatiques absorbent leurs nutriments par les feuilles et très peu par les racines, lesquelles permettent avant tout la fixation au sol. Cependant, dans la mesure où la majorité des plantes rencontrées en aquariophilie ne sont pas de vraies aquatiques mais sont des plantes palustres1 qui puisent leur nourriture grâce à un réseau racinaire très développé, seul un sol nutritif pourra leur permettre de se développer convenablement.
Le sol nutritif, riche en nutriments et actif biologiquement, accélère significativement le démarrage des plantes et permet un bon enracinement. Lorsqu'il commence à s'épuiser, après deux à trois ans généralement, des engrais sous forme de bâtons ("sticks") ou de pastilles peuvent permettre de différer son changement.
On peut l'acheter en animalerie ou en magasin d'aquariophilie mais il est aussi possible de concocter un mélange maison (composé de 25 à 30% d'argile verte, de 25 à 30% de véritable terre de bruyère -sans additifs- mélangée 40-50% de sable de rivière).
Indiquez au vendeur la surface au sol de votre bac pour déterminer la quantité nécessaire. Pour faire des économies, il est inutile d’en disposer là où on sait qu'on n’aura pas de plantes (sous le filtre par exemple ;-)

Le sol nutritif, d’une épaisseur de 2 à 5 cms centimètres selon les cas sera ensuite recouvert par une couche de gravier d'environ la même épaisseur (notamment pour éviter que la sous-couche nutritive ne vienne s’échapper dans l’eau du bac) et de granulométrie moyenne (afin de permettre à l’eau de circuler correctement dans le sol et d’éviter tout processus de fermentation). L’ensemble du substrat (sol nutritif + sable de surface) doit en principe avoir une épaisseur de 6-12 cms selon la dimension de l'aquarium et le type de plantes (le plus est le mieux).

Il est enfin très efficace de disposer prélablement un cordon chauffant dans le substrat qui permettra à l'eau chaude (qui a naturellement tendance à monter) de mieux circuler dans le substrat et ainsi d'améliorer la répartition des nutriments dans le substrat grâce aux courants de convection générés. Ce cordon doit être placé en tout premier au moment de l'installation de l'aquarium : il se fixe en zig-zag sur le fond du bac grâce à des ventouses.
Important : il ne s'agit en aucun cas d'un substitut à un tube de chauffage ordinaire pour aquarium (thermoplongeur, qui lui ne doit jamais être enfoui dans le sable). Les câbles chauffants sont recouverts de silicone pour l'isolation et, ayant été conçus spécifiquement pour réchauffer le substrat, leur wattage est assez faible (différentes puissances existent en fonction du volume de l'aquarium, de 25W à 100W). Eviter les câbles pour terrarium, trop puissants.

1 "palustre" signifie originaire des marais : ces plantes semi-aquatiques ne peuvent assimiler les engrais que par leurs racines : un sol nutritif est donc nécessaire.


Choisir un substrat adapté

Le substrat a pour fonction de permettre un bon enracinement des plantes, une circulation correcte des différentes substances nutritives (sans toutefois leur permettre de s'échapper), une oxygénation correcte et une bonne diffusion de la chaleur. Il doit être biologiquement actif.
C'est la raison pour laquelle un substrat qui serait uniquement composé de gravier grossier (> 4 mm) serait inadapté à l'aquarium planté. Celui-ci peut éventuellement être utilisé, en vérifiant préalablement qu'il est bien inerte, mais en conjonction avec un substrat de plus faible granulométrie qu'il recouvrira.
Le sable est également inadapté utilisé seul mais pour d'autres raisons : alors qu'un gravier grossier représenterait un environnement trop oxygéné et trop brassé pour bien nourrir les plantes (perte de substances nutritives), le sable créerait exactement l'inverse, à savoir un milieu anaérobique où la circulation des substances nutritives est soit bloquée soit très ralentie; il peut même contribuer à relâcher dans l'aquarium des gaz toxiques pour les poissons (typiquement en milieu anaérobique, on observe alors un noircissement du sable). Une petite couche de sable de quelques centimètres est néanmoins très utile sous le sol nutritif afin de maintenir le câble chauffant en place.
On considère généralement qu'un gravier dont le diamètre se situe entre 1 à 4 mm maximum est adéquat.

Attention : tout substrat qui modifierait de manière non intentionnelle la chimie de l'eau (en la rendant plus basique ou au contraire plus acide) devrait être rejeté, au profit d'un substrat dit "inerte" (neutre).

La plantation : il faut de la douceur pour ne pas abîmer les plantes. Normalement, on les transporte dans un sac en plastique fermé (généralement le même type de sac que celui dans lequel on transporte des poissons) et non rempli d'eau, l'humidité présente dans le sac étant suffisante pendant le transport.
Pour les plantes à tiges, après avoir enlevé toute feuille qui commencerait à se dégrader, on enfoncera délicatement la plante par sa base dans le substrat (pour les plantes à racines, on enlèvera préalablement les feuilles du bas).

La question "où planter ? " peut donner sujet à de nombreuses dissertations aussi je me contenterai ici de quelques règles de base. D'abord, comme pour une photo de groupe, on met les plus petit(e)s devant. Les plantes amenées à prendre de la hauteur servent en principe d'arrière-plan mais si une plante haute sort de l'ordinaire - un beau specimen isolé par exemple, on pourra la mettre en valeur en le ramenant vers le devant de l'aquarium et en la décalant légèrement par rapport au centre ... Il faut en tout cas éviter de mettre une "pièce centrale" pile au centre : cela a l'inconvénient de diviser l'aquarium en deux et l'oeil ne saura plus où se porter. On groupe enfin généralement des plantes du même type ensemble. Pensez bien toutefois à leur laisser de l'espace pour s'épanouir correctement - au dessus et en dessous (racines) - les plantes vendues en magasin ont rarement atteint leur taille maximale.

Certaines plantes ont besoin de beaucoup de lumière; d'autres, au contraire, on besoin de vivre à l'ombre des autres plantes (exemple : anubias) : des plantes flottantes fourniront l'ombre nécessaire (celles-ci étant de plus de remarquables consommatrices de nitrates et de phosphates).

Quelques unes ne se plantent pas mais s'accrochent après une pierre ou une souche : ainsi, les mousses (mousse de Java) seront fixées sur un support-bois par exemple; les anubias seront attachées avec du fil de pêche à une pierre ou sur un morceau de bois. Certaines plantes, enfin, sont "flottantes".

Les changements d'eau : ils sont importants et entre 1/5 et 1/3 de l'eau sera renouvelée chaque semaine / quinzaine selon les cas. Un changement d'eau réalisé avec un syphon et un seau ne prend que quelques minutes et apporte beaucoup à l'aquarium : dilution des polluants, remplacement de nouveaux nutriments (même si cela ne dispense pas d'utiliser un engrai : voir ci-dessous) et surtout l'eau renouvelée ajoute du pouvoir tampon, qui, avec le temps, peut avoir tendance à s'épuiser en aquarium planté (risque de chute du pH).

Les engrais liquides : il faut apporter régulièrement une dose d'engrais spécifique pour plantes d'aquarium car l'eau du robinet est pauvre en certains nutriments indispensables aux plantes. Une carence en fer par exemple peut à la longue faire jaunir les feuilles et finir par faire mourir la plante. Les engrais liquides ne seront pas nécessaires dans les premières semaines. Attention : une filtration au charbon actif peut absorber une partie des engrais sous forme liquide.

Les engrais à enfouir dans le substrat (tablettes, pastilles ...) : ces engrais permettent l'assimilation des nutriments par les racines et non plus seulement par les feuilles. Ceci parce que de nombreuses plantes populaires en aquariophilie (ex: Cryptos, Echinodorus ...) ne sont pas entièrement aquatiques mais palustres (c'est à dire semi-aquatiques) : elles ne peuvent donc assimiler l'engrai que par leurs racines. Ces pastilles sont en principe conçue pour libérer graduellement les nutriments sur une longue période (plusieurs mois en général). A utiliser en combinaison avec un engrai liquide pour couvrir tous les besoins de vos plantes. L'utilisation de ces engrais n'est toutefois pas utile pendant les premiers mois si vous avez installé un sol nutritif, lequel contient déjà une réserve importante de nutriments.

Il est préférable de bien se renseigner avant d'acheter des plantes (voir nos fiches-plantes par exemple) : chaque espèce de plante a des besoins plus ou moins spécifiques : quantité de lumière requise; mode de plantation; pH et dureté; température; positionnement dans l'aquarium (en fonction de la taille et de la lumière).
La grande majorité des espèces de plantes apprécient une eau douce à neutre (pH 6.0-7.3 et GH de 4°-8°) mais sont souvent adaptables à des valeurs supérieures.
Un nombre plus resteint de plantes réclament une eau dure et alcaline : certaines d'entre elles, les Vallisneria par exemple, donneraient de très mauvais résultats si on essayait de les maintenir en eau douce et acide.

Les premières plantes à planter en priorité dans un nouvel aquarium sont avant tout des plantes plutôt rustiques et à croissance rapide qui résistent mieux et absorbent plus efficacement nitrates et phosphates : il est préférable d'attendre quelques semaines avant de se tourner vers des plantes plus délicates et à croissance lente (genre anubia, cryptos ...) sous peine de voir celles-ci se couvrir d'algues. Une fois un certain équilibre atteint dans le bac, les plantes plus délicates et à croissance plus lente seront ajoutées en toute sécurité.

Quelques plantes idéales pour débuter : Bacopa caroliniana, Ceratophlyum demersum, Echinodorus latifolius, Echinodorus osiris, Elodea densa, Hygrophila polysperma, Hygrophila difformis, Ludwigia repens, Ludwigia Palustris, Mayaca fluviatilis ...
Pour l'aquarium à poissons rouges, seules des plantes tolérant une eau fraîche et comportant des feuilles dures ou "indigestes" sont recommandées : Ludwigia Repens, Riccia Fluitans, mousse de Java, Vallisneria, Anubia Nana (éclairage tamisé pour cette plante à croissance très lente) ...


La lumière : la photosynthèse est le processus vital au cours duquel les plantes chlorophylliennes utilisent la lumière comme source d’énergie pour synthétiser de la matière organique, notamment des sucres, à partir de l’eau et du dioxyde de carbone disponibles dans le milieu. Ce processus s'accompagne d'un dégagement d’oxygène.
L'association des facteurs lumière + température + taux de CO2 et disponibilité en diverses substances nutritives (azote, potassium, fer, magnesium, manganèse...) détermine le rythme à laquelle s'effectuera la photosynthèse mais en se basant obligatoirement sur le "maillon" le plus faible, ce qui signifie que si une seule de ces conditions n'est pas remplie -par exemple une quantité de lumière ou un taux de CO2 insuffisants- le processus de la photosynthèse tout entier sera fortement ralenti et le développement des plantes bridé voire stoppé (loi du minimum de Liebig). En revanche, si le taux de CO2 est correct, la photosynthèse sera proportionnelle à la quantité de lumière reçue mais jusqu'à un certain seuil, dit de saturation, spécifique à chaque plante.

Une première règle permettant d'éviter les échecs consiste donc à fournir la quantité de CO2 adéquate aux plantes (ce qui est relativement simple, lire les explications sur la page suivante).
Il est ensuite utile d'accorder la quantité de lumière et le type de plantes. Une intensité trop faible pour des plantes "gourmandes" peut conduire à un échec et inversement. On se base en principe sur la quantité de lumière nécessaire aux plantes qui ont les besoins les plus importants, étant entendu qu'il faudra alors mettre dans une position plus ombragée toutes celles qui en demanderaient moins (en principe des plantes à croissance plus lente). De nombreuses plantes d'aquarium ayant pour habitat naturel les berges des ruisseaux ou des rivières, celles-ci réclament une intensité lumineuse élevée sous peine de dépérir.

Je me contenterai ici d'évoquer l'éclairage le plus courant en aquariophilie : le tube fluorescent (car il existe aussi des lampes HQI ou HQL1).


1. les lampes HQI sont des lampes halogènes notamment appréciées en aquarium récifal ou hollandais en raison de leur très grande efficacité (leur lumière pénètre plus profondément) et qui se suspendent à distance au dessus du bac ouvert (forte chaleur dégagée par ces lampes). Les HQL sont des lampes à vapeur de mercure et réclament aussi un aquarium ouvert : elles sont moins populaires que les HQI mais sont un bon choix pour des bacs de profondeurs de 45 cms et davantage.


La durée d'éclairage est un facteur important : 8-12 heures maximum sont généralement conseillés (éclairer plus n'a au mieux aucun intérêt). Toute lumière solaire directe devrait être évitée en raison des ultra-violet qui peuvent encourager les algues mais aussi parce que les plantes se sont naturellement adaptées à une lumière venant d'en haut.
Les tubes se changent chaque année (sauf pour les tubes triphosphores qui ont une durée de vie plus longue et ne sont changés qu'en cas de défaillance) car au-delà l'intensité et le spectre se détériorent (bien que cela ne soit pas généralement visible à l'oeil nu).
Les tubes fluorescents qui sont fournis avec les aquariums tout équipés sont très souvent inadéquats : cela ne signifie pas que vous ne pourrez faire pousser de plantes avec ces tubes mais ils ne vous faciliteront pas forcément la tâche (les tubes "sans marque" ou qu'on ne peut pas identifier devraient être changés à mon humble avis).


La quantité de lumière diminue avec la profondeur du bac ou la coloration de l'eau (exemple : eau "noire" des bacs amazoniens). Une règle communément admise (réductrice mais utile : voir l'encadré ci-dessous) : 1 watt par litre d'eau correspond à un éclairage très intense, qui convient même aux plantes les plus exigeantes; 1 watt par 2 litres d'eau correspond à un éclairage moyen, sous lequel de très nombreuses plantes trouveront leur compte; 1 watt pour 3 litres d'eau est adapté aux plantes peu exigeantes (ex. : anubias) ou les aquariums peu profonds.

Si vos plantes poussent mal, plus de lumière est peut-être une solution mais ce n'est pas systématique : d'autres raisons peuvent être envisagées (le type de sol, une concentration excessive en phosphates ou en nitrates, une déficience en fer ou en CO2).


Utiliser un réflecteur permet de rediriger en direction de l'eau le flux lumineux émis à partir de la moitié supérieur du tube donc d'optimiser l'efficacité du tube.

L'éclairage d'un aquarium est toujours le fruit d'un compromis : il doit être plaisant à l'oeil (couleur) tout en permettant, en intensité et en qualité, une pousse optimale des plantes.

Pour bien lire l'étiquette ...

Le spectre lumineux correspond à la l'ensemble des rayonnements formant une combinaison de couleurs : rouge, jaune, vert, bleu (arc-en-ciel). Les tubes aquariophiles doivent se rapprocher le plus possible du spectre adapté à la croissance des plantes : ceci n'est pas aisé, notamment parce que le spectre lumineux induisant la photosynthèse (surtout dans les rouges et bleus) ne correspond pas forcément au spectre privilégié par l'oeil humain.
Le PAR permet de mesurer la quantité d'énergie dans le spectre utile aux plantes : cette mesure est souvent utilisée pour comparer différents types de lampes.
La température de la lampe permet de mesurer la couleur dominante pour notre oeil, exprimée en Kelvin (°K). Le rouge et le jaune ont les températures les plus basses alors que le bleu produit des températures plus élevées. Par exemple, une bougie aurait une température d'environ 1500°K, un coucher de soleil 3000°K, la lumière du soleil vers midi 5500°K, un grand ciel bleu d'été entre 9000°K et 12000°K. En aquariophilie, un tube de couleur à 4000°K donnera une couleur plus "chaude" qu'un tube à 10000°K (couleurs bleutées dites "froides").
L'indice de rendu des couleurs (IRC) se base sur la lumière solaire et à son effet pour l'oeil humain sur l'apparence des différents objets sous cette lumière, 100 correspondant à la lumière solaire. Vous avez sans doute déjà essayé un vêtement sous l'éclairage artificiel d'un magasin ... pour vous apercevoir en sortant que sa "couleur" "était sensiblement différente ! L'explication est que l'IRC des lampes du magasin étant plus bas que celui correspondant à la lumière solaire, la différence était visiblement remarquable. On utilise généralement en aquariophilie des tubes se rapprochant de l'indice 100 (>90). Plus on s'éloigne de 100, plus les couleurs des poissons nous paraissent peu naturelles.
Les watts mesurent la quantité d'énergie utilisée par le tube mais ne permettent pas de savoir autrement qu'en extrapolant quelle quantité de lumière est générée par le tube (un tube x ou y de même wattage n'auront pas forcément la même intensité lumineuse). C'est pourquoi on mesure l'intensité visuelle d'une lumière en lumens (remarque : il s'agit seulement des flux lumineux visibles pour l'oeil humain) : mais cette mesure a ses limites puisqu'elle se base seulement sur la quantité de flux lumineux qui quittent la lampe. Il sera plus intéressant de déterminer l'énergie lumineuse qui va atteindre la surface : les lux se réfèrent au flux lumineux par unité de surface (au m2), cette mesure étant bien-sûr dépendante d'autres facteurs tels que la présence d'un réflecteur ou la distance de la source lumineuse par rapport à la surface.

T8 classique ou T5 ?

Deux types de tubes fluorescents peuvent être trouvés dans le commerce :
-T8 : c'est le tube classique (diamètre : 26mm)
-T5 : tube plus récent et de plus petit diamètre (16 mm). Deux types de tubes T5 existent : les tubes à intensité normale, finalement assez proches en intensité des classiques T8; les tubes haute-intensité, nettement plus puissants.
Les T5 sont plus chers mais leur durée de vie plus longue et le flux lumineux supérieur.

Combiner ses tubes

Une combinaison de deux ou trois tubes complémentaires permettra d'éviter les "lacunes" dans le spectre lumineux sans pour autant sacrifier l'esthétique.


Le CO2 : les plantes sont composées d'environ 40% de carbone, qu'elles puisent dans le CO2 (dioxyde de carbone) et pour quelques-unes seulement à partir du bicarbonate (HCO3-).
Les besoins en CO2 des plantes sont très variables : des plantes à croissance plutôt lente dans un aquarium de volume modeste et peu planté auront des besoins très limités; à l'inverse, un aquarium très planté bénéficiant d'une lumière intense aura des besoins plus importants.
Reste que la plupart des aquariums combinent à juste titre plantes à croissance lente et plantes à croissance plus rapide, et la photosynthèse dépendant de la combinaison lumière + CO2 + autres nutriments (fer, potassium ...) + température, si les ressources en CO2 sont limitées, la croissance des plantes les plus exigeantes sera elle-même aussi limitée.

Photosynthèse : processus vital au cours duquel les plantes chlorophylliennes utilisent la lumière comme source d’énergie pour synthétiser de la matière organique, notamment des sucres, à partir de l’eau et du dioxyde de carbone disponibles dans le milieu. Ce processus s'accompagne d'un dégagement d’oxygène.

La plupart des aquariums ne contenant pas assez de CO2 pour une croissance optimale des plantes, beaucoup d'aquariophiles procèdent à une injection de CO2 dans l'aquarium, principalement grâce à deux méthodes :

- le distributeur de CO2 artisanal : basé sur l'action de levures, c'est une méthode peu coûteuse bien qu'assez peu précise. Elle donne néanmoins d'assez bons résultats pour des volumes modestes (jusqu'à une grosse centaine de litres). On peut soit bricoler son propre système (attention : surtout pas de bouteille de verre mais des bouteilles résistantes en PET de type boisson gazeuse) soit opter pour un sytème plus précis et prêt à l'emploi du type Nutrafin Natural System.

le CO2 industriel : un équipement de diffusion du CO2 disponible dans le commerce est nécessaire. Il est précis et conviendra mieux aux plus gros volumes. Il en existe plusieurs sortes, des manuels ou semi-manuels aux systèmes automatisés (bouteille, détendeur et manomètres, clapet anti-retour, électrovanne pour stopper la diffusion de CO2 pendant la nuit).1

Attention : le CO2 étant intrinsèquement liés au pH et à la dureté carbonatée, si une chute du CO2 a pour conséquence la montée du pH, l'introduction de CO2 abaissera le pH. Il faut donc contrôler et régler précisément le taux de CO2 nécessaire aux plantes et tester le pH et le KH afin d'éviter une surdose et une chute potentiellement catastrophique du pH (risque d'acidose et problèmes respiratoires graves pour les poissons avec mort des poissons dans les cas extrêmes). Les systèmes automatisés de diffusion du CO2 sont capables d'adapter la diffusion de CO2 au pH grâce à un pH-mètre. Des tests du pH et du KH bon marché sont aussi disponibles en animalerie. Il est recommandé de se baser sur un KH de 4 degrés au minimum. Si le pH est trop faible, il faudra durcir l'eau afin de rajouter du pouvoir tampon.

Tester conjointement le KH et le pH de l'aquarium planté permettra de s'assurer que l'eau contient toujours une quantité suffisante des carbonates qui agissent en tant que pouvoir-tampon prévenant les variations brutales du pH. Ce pouvoir-tampon a en effet tendance à s'épuiser avec le temps sous l'accumulation des acides générés par le dioxyde de carbone, la respiration des animaux et des plantes la nuit ainsi que la dégradation des diverses matières organiques. Afin de s'assurer que le pH ne risque pas de s'effondrer, il est recommandé de se baser sur un KH de 4 degrés au minimum.

Qu'est-ce que la décalcification biogène ?

Lorsqu'il n'y a pas assez de CO2 dans l'eau de l'aquarium, certaines plantes sont capables de mettre en place une stratégie de secours qui consiste à puiser le carbone là où elles le peuvent encore, à savoir les carbonates de calcium (on observe alors un phénomène de précipitation du calcium, sous la forme d'un dépôt blanchâtre crayeux sur les feuilles ou sur les ventouses du filtre). Les carbonates sont alors détruits : la dureté carbonatée descend à un niveau dangereusement bas et, lorsque l'eau a perdu tout son pouvoir-tampon, le pH devient très instable.
Cet exemple montre l'utilité d'injecter du CO2 dans l'aquarium : les plantes puisent le carbone dont elles ont besoin du CO2 injecté et le processus dangereux de décalcification biogène est ainsi écarté.

L'aquarium planté et la filtration

La filtration est absolument essentielle pour nos poissons car elle permet de retenir mécaniquement les déchets et assure leur élimination biologique : sans filtration, les poissons s'empoisonneraient.
Cependant, en aquarium planté, les filtres ont souvent pour inconvénient de brasser à l'excès l'eau en surface. Alors qu'un brassage modéré en surface est absolument nécessaire à une oxygénation correcte du bac (notamment la nuit) ou au maintien d'une température homogène dans le bac, un brassage excessif aurait l'inconvénient de laisser s'échapper le CO2 dont les plantes ont besoin.
Il est donc recommandé de placer la sortie du filtre si possible entre 5 à 8 cms sous la surface, de manière à obtenir un mouvement modéré mais néanmoins clairement visible à la surface. De même, alors qu'en aquarium non planté, un débit du filtre représentant trois fois son volume à l'heure est tout à fait possible, il est préférable d'opter pour un débit plus lent en bac planté (1 ou 2 fois).
Attention : il ne s'agit pas de lorgner sur la capacité du filtre ou sa taille mais de garder son débit sous un certain seuil. De nombreuses pompes ou filtre pemettent pour cela une régulation de leur débit.
Remarque : certains matériaux de filtration chimique (ex : charbon actif) éliminent également certains oligo-éléments importants pour les plantes. C'est pourquoi il est conseillé de ne pas les utiliser de manière permanente.


Bien planter les plantes

Plantes en pots

1. retirer avec précaution le pot puis la laine de roche autour des racines (si les racines étaient complètement emprisonnées, enlevez ce que vous pouvez le plus délicatement possible et liassez le reste);
2. bien rincer la plante sous l'eau claire du robinet.
3. tailler le bout des racines (1 cm) et enlever les feuilles jaunies ou abîmées.
4. faire un trou dans le substrat et enfouir complètement les racines dans le sol
5. attention : s'il s'agit d'une plante à bulbe type Crinum, ne pas enfouir complètement le bulbe mais le laisser bien dégagé.

Plantes en bouquets

1. retirer avec douceur le plomb autour des tiges souvent fragiles.
2. bien rincer la plante sous l'eau claire du robinet.
3. tailler le bout des tiges (1-2 cms) et enlever les feuilles sur toute la partie à enterrer dans le substrat.
4. planter les tiges en veillant à ne pas les briser.

Plantes à ne pas enfouir

Les anubias seront fixées grâce à du fil de pêche sur un élément de décor (pierre, racine) et dans un endroit ombré.
La mousse de Java ou encore Riccia fluitans peuvent soit flotter soit être lestées grâce à du fil de pêche sur un élément de décor pour former un tapis (éclairage intense).
Cladophora aegagropila, une boule d'algues en fait, à l'aspect très surprenant, devra être retournée régulièrement pour conserver sa forme initiale.

Pour plus d'informations sur les plantes d'aquarium les plus populaires ainsi que des conseils spécifiques (sélection, plantation, reproduction), voir les fiches consacrées à chaque plante.

Les plantes peuvent parfois dissimuler des hôtes indésirables : les escargots. Tous ne sont pas des terreurs, loin de là, mais si vous ne voulez courir aucun risque de les voir proliférer dans votre aquarium, examiner les plantes lors de l'achat est une bonne idée. Pour les oeufs qui seraient collés sur les feuilles des plantes (aspect gélatineux), un bon rincage à l'eau courante est recommandé. Un bain au permanganate de potassium est envisageable mais seulement si vous êtes certain(e) que la plante ne sera pas endommagée (certaines y réagissent très mal) : le dosage standard consiste à mélanger 1 gramme de permanganate à 1 litre d'eau puis à remélanger le mélange dissous dans cinq litres d'eau dans lesquels les plantes seront placées une bonne demi-heure. Rincage scrupuleux à l'eau claire obligatoire.

Attention : certaines plantes terrestres sont parfois vendues sous l'appellation mensongère de plantes aquatiques. Elles ne peuvent malheureusement pas résister très longtemps immergées (elles finissent par pourrir et salir l'eau) et doivent donc être absolument évitées. Voici quelques exemples parmi les plus communes : Acorus Gramineus, Cyperus, Ophiopogon, Draceana Sanderiana, Aglanoema, Chamadorea Elegans...

Pourquoi certaines plantes ont-elles des feuilles vertes alors que d'autres ont les feuilles rouges ?

Le pigment qui donne leur coloration verte à la plupart des plantes est la chlorophylle (du grec khloros = vert et phullon = feuille), qui a le pouvoir d'absorber la lumière afin de transformer l'eau et le CO2 en sucres et en oxygène (photosynthèse).
Néanmoins, des caroténoïdes sont également utilisés par certaines plantes : ils vont du jaune-orangé au rouge, ce qui explique pourquoi certaine plantes, pas les plus nombreuses, auront des feuilles roses, oranges ou rouges. Les caroténoïdes étant moins efficaces que la chlorophylle pour effectuer la photosynthèse, ces plantes réclameront une intensité lumineuse élevée.
Enfin, un certain nombre de plantes voient la coloration de leurs feuilles changer selon l'intensité lumineuse. Par exemple, Hygrophila polysperma voit ses feuilles supérieures plus exposées à la lumière devenir rosées alors que les feuilles inférieures elles restent vertes.

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alex Wink
Il n'y a pas de mauvais animaux, seulement que de mauvais maîtres!
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